70 ans de littérature israélienne, quatre œuvres, quatre écrivains. Campus Val-de-Marne

Enseignant: 
Année universitaire: 
2018-2019
Modalités: 
Description: 

1 – Méir SHALEV (1948)

Quel meilleur auteur choisir pour ouvrir ce voyage dans la littérature israélienne de la « génération de l’État » que Méir Shalev né en 1948 au moshav Nahallal (lieu de naissance de Moshé Dayan)

Toute son œuvre de fiction évoque l’odyssée familiale sur la terre d’Israël par le truchement de l’imagination et de la fiction. Les époques se chevauchent depuis l’arrivée des pionniers russes de la deuxième aliya (première décennie du XXè siècle) jusqu’à nos jours, mais il ne s’agit nullement de romans historiques. Humour et fantastique se conjuguent joyeusement dans tous les romans, l’auteur n’hésitant pas à mêler le tragique au comique. Chaque épopée familiale, qui n’est « chaque fois ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre » est chaleureuse, drôle, teintée de nostalgie, de tendresse et de dérision. La mémoire joue un rôle central, mais elle est toujours entrelacée à l’imagination.

BIBLIOGRAPHIE

Les romans sont tous publiés en livre de Poche – Folio – Gallimard

Que la terre se souvienne, Le baiser d’Esaü, Fontanelle, Pour l’amour de Judith, La meilleure façon de grandir, Le pigeon-voyageur, Un fusil, une vache, un arbre et une femme, Ma grand-mère russe et son aspirateur américain, Ma Bible est une autre Bible

2 – Ronit MATALON (1959-2017)

Dans son roman le plus autobiographique, le premier traduit en français par Rosie Pinhas-Delpuech, Le Bruit de nos pas (Stock «Cosmopolite», 2012), Ronit Matalon raconte le huis-clos d’une famille d’immigrés juifs égyptiens dans les « camps de transit » d’une lointaine banlieue de Tel-Aviv, parmi les ronces et le sable, bien après le terminus du bus. Tout est vu à hauteur d’enfant, et donc sans jugement politique, sociologique ou psychologique, pour montrer les difficultés d’intégration en Israël d’une famille juive égyptienne.

Ronit Matalon, l’une des voix féminines les plus marquantes de sa génération, disparue prématurément en décembre dernier, est connue pour sa liberté de ton et son écriture informelle. Elle fait également partie des écrivains mizrahim, orientaux, qui retrouvent ces dernières années une légitimité dans le sérail des écrivains israéliens.

BIBLIOGRAPHIE

Les romans sont publiés chez  Stock et Actes Sud

Le bruit de nos pas, de face sur la photo

La mariée a fermé la porte (à paraître)

La fille du café : nouvelle (Anthologie de nouvelles israéliennes contemporaines, Gallimard, 1998)

Légitimité dans le sérail des écrivains israéliens.

3 – Aharon APPELFELD (1932-2018)

Figure majeure de la littérature israélienne contemporaine, Aharon Appelfeld se situe toutefois hors du sérail des écrivains qui dépeignent les états d’âme d’une société israélienne en mutation permanente. Appelfeld, lui, s’attache à retracer le vécu du judaïsme européen d’Europe Centrale tout au long du XXème siècle. La quête de la mémoire occupe une place prépondérante dans son œuvre où sont évoquées des enfances idylliques à jamais perdues, des périodes troublées de l’assimilation ou des survies précaires après la Shoah. Dans un hébreu qu’il acquiert à l’âge de quatorze ans Appelfeld forge des langages universels : selon lui, « l’Art, et l’Art seulement peut-être, est capable d’endiguer la banalisation et de lutter contre la perte de signification de la Shoah. [...] La littérature doit obéir à un impératif : traiter de l’individu, un individu auquel son père et sa mère ont donné un nom, ont parlé une langue, ont donné leur amour et leur foi. Par sa nature même, l’Art défie constamment le processus d’anonymat auquel chaque individu est réduit. »

BIBLIOGRAPHIE 

Toute l’œuvre d’Aharon Appelfeld traduite en français est publiée aux Éditions de l’Olivier et dans la collection Points Seuil, à l’exception d’Adam et Thomas (Étions l’École des Loisirs).

4 – Yehuda AMIH  (1924-2000)

Celui que l’on nomme « le poète de Jérusalem » publie son premier recueil de poésie en 1955, intitulé « Aujourd'hui et autres jours », puis son second en 1958. Il a été tenté par des nouvelles, des pièces de théâtre et surtout le roman avec Ni de maintenant, ni d'ici, dès 1963, mais la reconnaissance populaire le place d'emblée parmi les grands poètes de sa génération. Il fait partie d'une vague de poètes radicalement différente de l'art poétique de l'entre-deux-guerres, perpétuant la rigueur et les codes d'expression imposés à la fin du XIXè siècle.

Son œuvre prend souvent l'aspect d'une célébration d'êtres aimés empreinte d'une douce tristesse ou d'une joie indéfinissable. Elle excelle à esquisser à travers des motifs triviaux de la vie quotidienne, la douceur de vivre en Israël, la banalité d'une situation réelle (la guerre vécue et ses stigmates sont bien réels, contrairement à une perception virtuelle d'une pensée onirique) et particulièrement à Jérusalem. L'écrivain parvient à rester naturel et spontané, presque naïf, tout en distillant l'ironie, l'absence de complaisance et tout en laissant paraître en ultime dévoilement son érudition littéraire.

BIBLIOGRAPHIE 

Perdu dans la grâce, Gallimard

Poèmes, Actes Sud

Poèmes de Jérusalem (édition bilingue), Éditions de l’Éclat

Anthologie personnelle, Actes Sud

Les morts de mon père et autres nouvelles, Éditions de l’Éclat

Début, fin, début, (édition bilingue), Éditions de l’Éclat

Informations complémentaires: 

ATTENTION

Ce cycle fait partie du programme du Campus Val-de-Marne et aura lieu

Campus Val-de-Marne – Maison de la culture juive de Nogent

20 rue André Pontier

94130 Nogent s/Marne

Séance(s): 
Mercredi, 9 Janvier, 2019 - 19:30
Mercredi, 16 Janvier, 2019 - 19:30
Mercredi, 23 Janvier, 2019 - 19:30
Mercredi, 30 Janvier, 2019 - 19:30
Référence:
A18-7-VM
Prix: 
50,00 €
Prix étudiant: 
25,00 €